les spécimens 2005

archéologie d'une société marchande

 

Ce qui n’a pas de prix est sans valeur.

Ce qui n’a pas de prix ne peut être comptabilisé.

Ce qui n’a pas de prix n’existe pas.

Ainsi pense le Marché.

 

Dis-moi ce que tu peux acheter, je te dirai ce que tu vaux. La règle est simple, le credo limpide, l’évaluation facile : plus tu produis, plus tu consommes, plus tu seras heureux.

Ainsi parle le Marché.

 

Sorti de ce cercle, tu n’es plus rien, ta chute est vertigineuse, ton enfer...

Inadapté, spécimen invisible, tu deviens. Ce qui est vrai pour toi l’est aussi à l’échelle mondiale.

Ainsi menace le Marché.

 

En haut, richesse, peut-on monter si haut…

En bas, pauvreté, peut-on tomber si bas…

À faire le grand écart, l’humanité s’étire dangereusement. La fortune de 225 personnes est égale au revenu de deux milliards et demi d’êtres humains, réservoir de frustrations et d’humiliations.

Ainsi affleure le Chaos.

 

Conglomérats d’hommes, de restes industriels, de végétal et de minéral, les spécimens sont les témoins abandonnés d’une société en crise où le bien est supérieur au lien. Exhumés des friches où ils pourrissaient, ils incarnent la part inaltérable du sensible, du vivant.

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