Autour d’une problématique englobante (le corps), Christine Coste travaille l’imbrication de trois champs plastiques spécifiques : la céramique, le dessin et la performance.

La peinture de Nicolas de Staël a été l’élément révélateur de sa démarche artistique : « du chaos de matière, j’ai vu émerger le sujet », autrement dit le sens.

L’artiste explore souvent les notions de fragment et d’hybridation, comme dans la série de sculptures céramiques corpusgraphie, où l’humain fusionne avec l’animal, les corps se parent de surfaces pilleuses ou d’éléments vestimentaires. Souvent les visages se cachent ou s’oblitèrent, comme pour mieux traduire la nature de ces créatures mues par la métamorphose, la rencontre, la recherche d’identité, l’émancipation.

Le corps sous emprise, la forme qui mute, la circulation intérieur/extérieur : ces enjeux se perçoivent également dans la série de grands formats dessinés utérin. Nés d’une trame composée de mailles graphiques répétitives, les corps vibrent telles des cellules vivantes. Les couches se superposent, interagissent et créent ainsi un phénomène spectral et sensuel.
« Alors il sera question du désir, qui circule librement, tous genres confondus.
Alors il sera question de choses humides et fluides dans un face-à-face sans visage, dans un temps sourd.
Alors il sera question d’ectoplasme au tempérament de feu, de méduse au tempérament de pluie…»

Dans ses performances m’inscrire, la vie commence maintenant, making narratives et celles, nommées sous le titre générique de terra incognita, l’artiste rejoue les forces en jeu dans sa pratique graphique : corps sensuel, oblitéré, dilaté, animalisé ou chosifié.

Tirées de sa mémoire corporelle, Chrsitine Coste incarne des histoires dans ses installations comme dans ses dessins et performances. Le processus de dévoilement se conscientise avec la série [majøtik] composée de 275 dessins format A3 réalisés chaque jour pendant 9 mois.

Dans cet univers à la fois offensif et doux, les repères figuratifs tendent à s’estomper. Le fond et la forme ne font plus qu’un. Les corps — ceux que Christine Coste dessine, mais aussi le sien — circulent librement dans un espace qui tend vers le paysage immersif et intime.